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l'Etain, le métal pauvre


Très utilisé dans la fabrication d’objets d’usage courant mais aussi d’ustensiles de cuisine, on retrouve donc l’étain tout naturellement dans de nombreuses “natures mortes” entre autres, car il a marqué son époque. C’est pour cela que je vous en parle aujourd’hui en m’interessant plus particulièrement à son utilisation en décoration.


Même s’il est appelé le “métal pauvre” par les metallurgistes et dit “rare” car il ne représente que 0,004% de la croûte terrestre. Mais aujourd’hui l’étain est surtout un élément devenu relativement rare, car il n’a plus aucune valeur marchande non plus… sauf pour moi. Car qui dit rare, dit également de plus en plus difficile à trouver. En effet, sur les marchés aux puces par exemple, la plupart des revendeurs s’en débarrassent pour le plus grand plaisir des étrangers, qui eux, l’achètent en masse, afin de le faire fondre.


Pour ma part, l’étain est pour moi un véritable petit trésor pour mes photos, car indispensable dans la realisation d’une “nature morte picturale” digne de ce nom. De couleur gris argenté, il est avec le cuivre l’un des ingrédients du bronze. Ce métal tendre, à donc permis la fabrication de divers objets qui se patinent avec le temps, apportant une certaine douceur à la lumière qui vient l’éclairer. Heureusement pour moi, ce métal “basique” était d’usage dans la vaisselle quotidienne, au Moyen-Age. Il eut également son âge d’or (entre le XVIIème et le XVIIIème) grâce notamment à François Briot, potier d’étain de son état mais aussi graveur et médailleur; mais surtout à André-Charles Boulle, qui eut la brillante idée de l’utiliser dans la marqueterie qui porte aujourd’hui son nom!


Dans le domaine culinaire on retrouve différents types de vaisselle du XVIème au XIXème siècle environ, les 2 plus connus étant : la channe, qui est un broc à vin en étain, à couvercle – un pichet à vin mais plus souvent décorative qu’autre chose; et le grellet, qui lui est simplement une écuelle. Mais on retrouve aussi des calices, ciboires, hanaps, aiguières et cimarres, écuelles, assiettes, plats et timbales, jattes, pots et pichets, bougeoirs et flambeaux…


Considéré comme de véritables œuvres d’art, il existait à l’époque des « maîtres potiers étains » au quatre coins de la France : Arras, Paris, Troyes, Joinville, Mulhouse… mais aussi à l’internationale, dépassant nos frontières : Suisse, Allemagne, Angleterre, Hollande…


Diverses techniques étaient employés par ces artisans, qui pour la plupart gardaient jalousement leurs secrets de fabrication très confidentielle, comme la technique du martelage par exemple. Plusieurs moules, généralement en bronze ou en pierre, étaient necessaires pour la fabrication d’objets en particuliers, comme les pichets qui étaient très prises comme trophée également. Pas moins de 6 moules séparés étaient necessaires à leur fabrication : panse, gorge, couvercle, anse, charnière, pouciés. Une fois coulé, l'étain est « épillé » pour enlever les petites barbes dues au moule, puis on pratique le reverchage pour boucher les trous ; on assemble les différentes parties de la pièce par soudure, puis vient la décoration, le sceau et le polissage final. Les objets étaient souvent refondus après usage pour en faire de nouveaux, d'où, d'ailleurs, à la fois leur rareté, pour cette beauté éphémère.


Mais n’oublions pas un usage de l’étain, dont on peut encore admirer la manufacture de l’époque : la galerie des Glaces du Château de Versailles ! En effet, la fabrication de miroirs et la fameuse technique longtemps gardée secrète par les Vénitiens, connu sa consécration au XVIIème siècle, grâce à Colbert, qui fit venir en France une vingtaine d’ouvriers vénitiens. 17 majusteux miroirs sont donc placés en face des 17 fenêtres de la Grande Galerie des fêtes. En effet, l’étain entrait dans la composition du tain (amalgame métalique étain-mercure) appliqué derrière une glace pour en faire un miroir.


Voilà Cher Gourmand, aujourd’hui vous en aurez appris un peu plus sur ce métal pauvre que j’apprécie tout particulièrement dans mes compositions, et peut-être aurez vous compris toute l’affection que je lui porte !

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